Les biais de genre du système de santé sont nombreux. Joelle Palmieri en subit les effets tous les jours, à l’hôpital, en cabinet, à la CPAM… Pourtant, le genre n’est pas enseigné dans les écoles de médecine. Stéphanie Ranque-Garnier, algologue à l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille, Nadine Chard’homme, infirmière au centre de la douleur de Namur, en témoignent volontiers. Muriel Salle, historienne de la santé, est formelle : la médecine différencie banalement les sexes selon l’« essence » féminine ou masculine, la biologie ou la physiologie, ce qui l’abstrait du contexte social, de l’éducation, de la culture, de l’histoire… Ainsi, l’accès des femmes et des hommes aux soins est inégal car les représentations du corps des femmes ont peu changé : humeurs changeantes, troubles liés aux cycles, hystérie. L’ensemble de ces imaginaires androcentrés nourrit l’agnotologie de genre de la médecine. En matière de douleur, les médecin·es regroupent facilement les symptômes des patientes dans un « fourre-tout » de pathologies non explicables car la douleur est considérée normale chez les femmes. La prescription des APA fait écho à un deuxième essentialisme, celui du sport. Christine Mennesson, sociologue du sport, décrit à quel point cet essentialisme s’inscrit sur les corps des femmes.
Copyright © Joelle Palmieri et Virginie Jortay
Crédits :
Extrait du documentaire « Essais cliniques du futur », Les entreprises du médicament
Extrait du documentaire « 1952 : la méthode Lamaze, une révolution obstétricale », Archive INA
Extrait du documentaire « Sexe et douleur », Dr Renato Colamarino
Extrait de l’interview de Sabine Arnaud à propos de son livre « L’invention de l’hystérie au temps des Lumières 1670-1820 »
Extrait du documentaire « Les maladies cardio-vasculaires, première cause de mortalité chez les femmes », VO news
Chanson « Juste une femme » par Anne Sylvestre
Liens :
Nacu, A. et Benamouzig, D. (2010) . La fibromyalgie : du problème public à l’expérience des patients. Santé Publique, Vol. 22(5), 551-562. https://doi.org/10.3917/spub.105.0551
La douleur impensée – Autopsie féministe de la fibromyalgie, une « maladie de femmes » : https://joellepalmieri.org/2021/08/23/fibromyalgie-derriere-la-porte/
Avec : Stéphanie Ranque-Garnier, algologue à l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille, Nadine Chardhomme, infirmière au centre de la douleur de Namur, Muriel Salle, historienne de la santé et Christine Mennesson, sociologue du sport.
Équipe de réalisation :
Écriture, entretiens et réalisation : Joelle Palmieri
Réalisation montage et mixage : Virginie Jortay
Voix off : Peggy Pierrot
Les Algonautes
Contre l’ignorance médicale délibérée sur la douleur