Les aspects éthiques de la santé intégrative en clinique de la douleur

, par Joelle Palmieri

Marguerite d’Ussel, Gérard Reach,Julien Nizard, "Les aspects éthiques de la santé intégrative en clinique de la douleur", Revue Douleurs, Éditions Elsevier Masson, juillet 2025,

La médecine intégrative occupe une place croissante dans la prise en charge de la douleur chronique. Mais que dit l’éthique de cette évolution ? Les auteurs ont choisi d’explorer cette question à travers le prisme du principisme de Beauchamp & Childress :

  • Bienfaisance — La médecine intégrative, par son approche holistique et centrée sur la personne, élargit le champ des bénéfices possibles. Elle valorise la relation soignant–soigné, la qualité de vie, et l’implication active du patient. Certaines pratiques manquent encore d’un niveau de preuve robuste : cela n’invalide pas la démarche, cela l’oblige à la rigueur.
  • Non-malfaisance — L’intégration de thérapies complémentaires n’est pas sans risques : toxicité de certaines substances, défaut de formation des praticiens, dérives sectaires, retards diagnostiques... Ces risques existent et doivent être nommés, évalués, encadrés. C’est précisément ce travail d’encadrement qui légitime la démarche (aka Collège Universitaire de Médecines Intégrative et Complémentaires (CUMIC) / NPIS - Non-Pharmacological Intervention Society)
  • Autonomie — C’est sans doute le principe le plus central en douleur chronique. La médecine intégrative ne se contente pas de respecter l’autonomie du patient : elle la cultive comme objectif thérapeutique à part entière. Mieux vivre avec sa douleur, reprendre le contrôle de son existence — c’est aussi cela, soigner.
  • Justice — Ces approches, souvent non remboursées, risquent d’accentuer les inégalités sociales de santé. Paradoxe cruel : ce sont précisément les populations les plus vulnérables — les plus exposées à la douleur chronique — qui en bénéficieraient le plus.